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Plus
de la moitié des eaux françaises seraient fortement
dégradées
LEMONDE.FR
| 06.06.05 | 18h34 . Mis à jour le 06.06.05 | 18h39
Cinquante à
75 % des eaux françaises sont fortement dégradées,
sans même prendre en compte de nombreux polluants tels que
les dioxines, phtalates, antibiotiques ou micro-algues toxiques,
estime un rapport du Muséum d'histoire naturelle publié
lundi 6 juin.
Cette étude
porte pour la première fois à la connaissance du public
les résultats des états des lieux réalisés
pour décembre dernier par les agences de l'eau dans les six
grands bassins français, conformément à une
législation européenne.
La directive-cadre
sur l'eau de 2000 demandait aux Etats membres de parvenir à
un "bon état" de l'ensemble des eaux en 2015 et
imposait un état des lieux au 22 décembre 2004.
Ce premier
bilan national montre que, dans l'hypothèse la plus optimiste,
moins de 50 % des eaux (superficielles et souterraines) du territoire
métropolitain pourront atteindre le bon état écologique
requis d'ici à 2015. Dans l'hypothèse la plus pessimiste,
seulement un quart pourront atteindre le bon état écologique
en 2015.
SEULEMENT 25 % DES EAUX NATURELLES EN BON ÉTAT
En effet, seulement 25 % des masses d'eau naturelles sont classées
en "bon état probable", 25 % sont classées
"à risque" et 23 % présentent un "doute"
(les données manquent ou bien il existe des incertitudes).
27 % des eaux, qui ont été fortement modifiées
par l'être humain (comme les lacs de retenue des barrages),
sont classées à part.
Selon l'équipe
coordonnée par le professeur Jean-Claude Lefeuvre, ce bilan,
déjà préoccupant, "est loin de refléter
la réalité", car il ne prend pas en compte les
micro-polluants tels que les produits pharmaceutiques, phtalates
(présents dans les plastiques), retardateurs de flammes bromés,
dioxines (cancérigènes), ou encore micro-algues toxiques,
comme celles qui ont conduit à interdire pendant cinq semaines
la vente des huîtres du bassin d'Arcachon.
Le bilan repose
essentiellement sur l'analyse du "couple infernal" nitrates/pesticides,
relève le professeur Lefeuvre. Les nitrates proviennent des
engrais et des déjections des élevages. Les pesticides
sont utilisés essentiellement par l'agriculture pour combattre
les insectes.
"On n'a
pas mis en place les structures qui permettent de mesurer les autres
polluants, cela implique des laboratoires performants, du matériel
et de l'argent", estime-t-il.
Avec AFP
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