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Un
milliard de personnes sont privées d'eau saine et accessible
LEMONDE.FR|
15.03.06 | 14h25 • Mis à jour le 15.03.06 | 20h41
Plusieurs milliers
de participants sont attendus, du 16 au 22 mars, au 4e Forum mondial
de l'eau à Mexico. Cette manifestation, organisée
sous l'égide du Conseil mondial de l'eau (CME), qui siège
à Marseille, a lieu tous les trois ans. Elle rassemble politiques,
techniciens, experts, entreprises et organisations non gouvernementales,
afin de faire "avancer la cause de l'eau" dans le monde.
En Amérique latine, en Afrique, en Asie, plus d'un milliard
de personnes ne disposent pas d'une eau saine et proche. Et 2,6
milliards ne disposent pas d'une évacuation des eaux usées.
Les populations concernées vivent, pour les deux tiers, dans
les bidonvilles de mégalopoles en croissance exponentielle.
Huit millions
de personnes meurent chaque année de maladies liées
à une eau souillée. La quête perpétuelle
d'eau potable empêche aussi femmes et enfants, qui en sont
chargés, d'accéder à l'éducation ou
de participer au développement économique. "L'eau
est le premier facteur de développement", résume
Loïc Fauchon, président du CME. L'objectif fixé
par les Nations unies est de diviser par deux le nombre de personnes
privées d'accès à l'eau potable et à
l'assainissement d'ici à 2015.
Le problème
est moins lié à la disponibilité de la ressource
qu'au manque d'infrastructures de distribution et de traitement.
Leur construction et leur entretien demandent une volonté
politique et des moyens. Si l'eau est un bien commun, disponible
dans le milieu naturel, le service a un coût. Selon diverses
estimations, entre 7,5 et 25 milliards d'euros devraient être
investis chaque année pour atteindre l'objectif fixé
par les Nations unies. Selon le CME, cela suppose en premier lieu
de doubler l'aide au développement consacrée à
l'eau, dont le montant s'élève aujourd'hui à
environ 4 milliards d'euros par an.
Les Nations
unies évoquent aussi une "crise de la gouvernance".
Pour remédier à la corruption, à la désorganisation
des institutions, au manque de compétences, l'espoir est
placé dans les collectivités locales et une plus grande
participation des populations. "Des actions locales pour un
défi mondial" est le thème central du forum de
Mexico.
De nombreuses
autres questions seront discutées : le droit à l'eau
doit-il être inscrit dans les Constitutions ? L'intervention
du secteur privé dans la gestion d'une ressource vitale est-elle
justifiée ? Qui doit payer pour l'approvisionnement des populations
?
La répartition
de la ressource entre les différents utilisateurs (ménages,
industriels, agriculteurs) et la lutte contre le gaspillage seront
également au coeur des débats. L'élément
liquide, ressource renouvelable, est présent en abondance
sur Terre, mais inégalement réparti. Du fait de la
croissance démographique, les réserves annuelles d'eau
douce par habitant diminuent, et souffrent de pollutions liées
aux activités humaines.
Gaëlle
Dupont
Article paru dans l'édition du 16.03.06

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