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09/05/2006

À la centrale de Gravelines, la sécurité ne tenait-elle qu’à un fil ?
La centrale nucléaire de Gravelines est-elle sûre ? «Non», affirme Sortir du nucléaire.

 

Pendant un an, un circuit de refroidissement de la centrale de Gravelines est resté indisponible. Découvert lors d’opérations de maintenance le 31 mars, cet incident a été confirmé par l’Autorité de sûreté nucléaire mais jugé sans gravité. Pour le réseau Sortir du nucléaire, cette défaillance marque le manque de fiabilité des centrales nucléaires.

Un simple fil débranché dans l’unité de production n° 3 de la centrale nucléaire de Gravelines a mis le feu aux poudres entre l’exploitant, EDF, et le réseau associatif Sortir du nucléaire. Ce dernier s’est ému samedi, dans un communiqué, d’apprendre qu’un circuit de refroidissement d’une des tranches de la centrale est resté indisponible pendant un an.

Un problème sans conséquences ? Ce circuit est nécessaire en cas d’accident pour refroidir le coeur du réacteur et éviter l’explosion de l’enceinte de confinement. « Les pompes qui permettent de réinjecter de l’eau dans le circuit de refroidissement n’étaient pas branchées, explique-t-on du côté de la centrale. Le problème n’a pas eu de conséquences sur la sûreté puisque, étant donné l’importance du circuit primaire, d’autres systèmes de protection étaient opérationnels ». Comme l’a reconnu EDF, ce fameux fil n’a pas été rebranché comme il aurait dû l’être lors du dernier arrêt de la tranche n° 3 en avril 2005.

Découverte le 31 mars lors d’opérations de maintenance, cette défaillance, portée à la connaissance de l’Autorité de sûreté nucléaire, a été classée le 4 mai au niveau un de l’échelle internationale des événements nucléaires (INES), qui en compte sept. L’installation a été remise en conformité dès l’anomalie découverte.

Alors, ce circuit était-il utile ou indispensable ? Pour Sortir du nucléaire, on est passé « à deux doigts de la catastrophe ». « S’il y avait eu un incident à Gravelines, cela aurait pu donner une catastrophe aussi grave que celle de Tchernobyl », affirme Stéphane Lhomme, porte-parole national de Sortir du nucléaire.
Vingt ans après Tchernobyl. Quoi qu’il en soit, cette information tombe plutôt mal, dix jours après le vingtième anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Sans oublier le débat qui entoure l’implantation d’un réacteur de troisième génération (EPR) à Flamanville (Calvados), voire à Gravelines un jour.

« Cet événement injustifiable dévoile qu’à l’inverse de ce qui est diffusé constamment aux citoyens, l’industrie nucléaire est tout aussi susceptible d’erreurs que toute autre industrie, estiment les Verts Nord Littoral. Face à l’obstination des tenants du nucléaire, c’est aujourd’hui sur la mobilisation des citoyens qu’il faut compter pour que se tienne un véritable débat sur les politiques de l’énergie. »

 

 

Métro - Lille - 09/05/2006 - Mathieu Pagura

Polémique à la centrale

Le réseau Sortir du nucléaire révèle qu'un dispositif de refroidissement d'un réacteur de la centrale nucléaire de Gravelines est resté inactif durant un an.

 

"Le circuit de recirculation d'un réacteur de la centrale nucléaire de Gravelines est resté indisponible pendant un an avant qu'EDF ne se rende compte du problème." Le réseau Sortir du nucléaire est en colère. Selon lui, ce circuit aujourd'hui rétabli était pourtant indispensable en cas d'accident pour refroidir le coeur du réacteur et éviter l'explosion de l'enceinte de confinement. "Un accident nucléaire ne débouche pas nécessairement sur une catastrophe... à condition que les circuits de secours soient opérationnels", explique le réseau.

Pour EDF, il s'agit d'une "anomalie" découverte le 31 mars lors d'un contrôle : un fil électrique d'un système de protection du réacteur n'avait pas été rebranché lors d'un arrêt, en avril 2005, a indiqué EDF. Cette défaillance a été classée au niveau 1 sur l'échelle internationale des événements nucléaires (Ines), qui en compte sept. Précisant qu'"il ne s'agit pas d'un incident d'exploitation", EDF a affirmé que le problème n'a eu "aucune conséquence réelle sur la sûreté car d'autres systèmes de protection étaient opérationnels".

"On a toujours un principe de redondance dans nos circuits. On a plusieurs circuits qui assurent le même type de fonction, par souci de sécurité", a précisé la direction. L'installation avait été "remise en conformité" dès l'anomalie découverte, a ajouté EDF. Le secrétaire du syndicat FO à la centrale, Jean-Paul Westelynck, a aussi estimé qu'il n'y avait pas lieu de dramatiser l'événement.

 

06/05/2006 – Agence France Presse (AFP)

"Sortir du nucléaire" dénonce une défaillance à la centrale de Gravelines

Le réseau "Sortir du nucléaire" a dénoncé samedi l'"indisponibilité" pendant un an d'un circuit de refroidissement de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord).

Aujourd'hui résolue, la défaillance qui aurait pu avoir, selon lui, des conséquences graves, ce que conteste EDF.

Dans un communiqué, le réseau a affirmé qu'il s'agissait d'un "événement d'une exceptionnelle gravité", le circuit étant "indispensable en situation accidentelle pour essayer de refroidir le coeur du réacteur et éviter l'explosion de l'enceinte de confinement".

"Un incident à Gravelines au cours de l'année écoulée aurait vraisemblablement évolué vers une catastrophe aussi grave que celle de Tchernobyl", a estimé le réseau.

Pour EDF, il s'agit d'une "anomalie", découverte le 31 mars lors d'un contrôle: un fil électrique d'un système de protection du réacteur n'avait pas été rebranché lors d'un arrêt en avril 2005, a indiqué EDF à l'AFP.

Cette défaillance a été classé au niveau 1 sur l'échelle internationale des événements nucléaires (Ines), qui en compte 7.

Précisant qu'"il ne s'agit pas d'un incident d'exploitation", EDF a affirmé que le problème n'a eu "aucune conséquence réelle sur la sûreté car d'autres systèmes de protection étaient opérationnels".

"On a toujours un principe de redondance dans nos circuits. On a plusieurs circuits qui assurent le même type de fonction par souci de sécurité", a précisé la direction. L'installation avait été "remise en conformité" dès l'anomalie découverte, à ajouté EDF.

Secrétaire du syndicat FO à la centrale, Jean-Paul Westelynck a également estimé qu'il n'y avait pas lieu de "dramatiser" l'événement.

 

Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 720 associations
Communiqué du mardi 9 mai 2006

 

Centrale nucléaire de Gravelines (Nord) :
Retour sur un événement majeur.

La sûreté nucléaire totalement remise en cause


Après avoir rendue publique l'indisponibilité pendant un an d'un circuit de refroidissement de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord), le Réseau "Sortir du nucléaire" fait le point sur cette affaire :

1) Gravité de l'évènement
Imaginez un trapéziste qui apprend que depuis un an il exerce au dessus d'un filet dont les fixations n'ont pas été serrées. A la moindre chute durant l'année écoulée, il se tuait. Mais, selon le raisonnement d'EDF, puisqu'il n'est pas tombé, l'affaire n'a aucune gravité !

2) Réponses dilatoires d'EDF
EDF explique aussi que des circuits de refroidissement sont redondants et peuvent se suppléer si nécessaire. Mais :

- le circuit concerné, dit de "recirculation", est unique. Il intervient APRES les circuits supposés contrôler la réaction nucléaire (Circuit REA : eau borée ; et système des grappes de contrôle). Le circuit de recirculation doit empêcher un accident grave de dériver vers une véritable catastrophe (avec rupture de l'enceinte de confinement)

- quand bien même il y aurait des circuits parallèles : comment être sûrs qu'ils sont… branchés ? Ce qui s'est produit pour un circuit peut se produire pour un autre…

- A chaque incident, EDF explique que les circuits sont redondants et que la défaillance de l'un est supplée par un autre. Mais ce raisonnement ne tient plus si un des circuits est déconnecté pendant des mois. Il n'y a plus de redondance.

 

3) Enseignement majeur de l'incident
Dans une centrale nucléaire, tout geste technique est supposé être consignée, contrôlé et vérifié à posteriori. L'affaire de Gravelines montre qu'un geste aussi grave que le débranchement d'un circuit de refroidissement n'a pas été contrôlé ou, pire, que le contrôle n'a pas détecté l'anomalie (malgré sa gravité)

Cette affaire jette un doute généralisé sur la supposée "sûreté nucléaire" des centrales EDF.

 

4) Diffusion de l'information
EDF et l'Autorité de sûreté ont fait le nécessaire pour que cette information pourtant cruciale passe totalement inaperçue :

- en les ajoutant discrètement sur leurs sites web respectifs. Il a fallu que le Réseau "Sortir du nucléaire" ne débusque l'affaire au milieu d'une foule d'informations anodines.

- en les présentant de façon lénifiante, un citoyen ordinaire étant absolument dans l'incapacité d'en mesurer l'importance :

EDF : " Déclaration d'un événement sûreté de niveau 1"

ASN : " Anomalie au niveau du circuit d’injection de sécurité"

Quant à la CLI (Commission locale d'information), elle n'a découvert l'affaire que grâce aux communiqués du Réseau "Sortir du nucléaire". Qui plus est, au lieu d'exiger des explications, la CLI vole au secours d'EDF en décrétant que l'affaire n'est pas importante !

5) Conclusions

Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle que la seule façon d'éviter un véritable "Tchernobyl en France" est de fermer au plus vite toutes les centrales nucléaires.

Mais, dans l'immédiat, suite à l'affaire de Gravelines, il faut :

- une commission d'enquête parlementaire

- une expertise menée par des spécialistes étranger, non liés à EDF ou à l'industrie nucléaire mondiale.

Enfin, le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle, en cas de catastrophe, le caractère dérisoire des pastilles d'iode et autres exercices de simulation (organisés de temps à autre autour des centrales). Rien ne limitera les conséquences d'une catastrophe nucléaire.


Contact presse (Réseau "Sortir du nucléaire") : 06 64 100 333


NB : se reporter à "L'insécurité nucléaire : bientôt un Tchernobyl en France ?" (Avril 2006, Ed Yves Michel) ---> http://tchernobyl.en.france.free.fr