LE MONDE.FR avec AFP et Reuters
12.12.06 - 11h42
• Mis à jour le 12.12.06 - 12h05
En raison du réchauffement climatique, la glace qui recouvre
l'océan glacial arctique pourrait fondre presque totalement
durant les mois d'été à l'horizon 2040, révèlent
des chercheurs américains et canadiens du Centre national
pour la recherche atmosphérique (NCAR). Selon leurs travaux,
publiés mardi 12 décembre, un tel phénomène
aurait de graves conséquences environnementales mais aussi
commerciales et stratégiques.
SIMULATIONS PAR ORDINATEURS
"Nous avons déjà été
témoins de disparition importante de glace dans l'Arctique
mais nos travaux suggèrent que la fonte qui se produira dans
les prochaines décennies sera plus catastrophique que ce
que nous avons connu jusqu'à présent", a indiqué
Marika Holland, une scientifique du NCAR. D'ici vingt ans, la quantité
de glace présente au mois de septembre au pôle Nord
pourrait commencer à diminuer quatre fois plus vite que ce
qui a pu être constaté jusqu'ici.
Selon une modélisation réalisée
par ordinateurs, la glace de septembre se réduit pour passer
d'environ 6 millions de kilomètres carrés à
2 millions de kilomètres carrés sur une période
de dix ans. En 2040, la quasi-totalité de la région
arctique sera libre de glace en septembre ; seule une partie de
la banquise se maintiendra le long des côtes septentrionales
du Groenland et du Canada.
Cette fonte brutale de la glace devrait avoir un
impact profond sur le réchauffement global de la planète
et pourrait modifier l'écosystème mondial, ont mis
en garde les scientifiques. Les animaux vont devoir s'adapter :
l'ours polaire, par exemple, a besoin d'une banquise pour survivre
et chasser ses proies.
"DES GAGNANTS ET DES PERDANTS"
Les Etats auront également à répondre
à cette modification des frontières. "Il y a
des gagnants et des perdants à ce jeu, mais tout bien pesé,
je pense que c'est négatif", a estimé Mark Serreze,
chercheur au National Snow and Ice Data Center de l'université
du Colorado.
Pour la Russie, par exemple,"les routes maritimes
vont s'ouvrir, cela va être bénéfique économiquement",
a-t-il expliqué. Pour le Canada, cela pourrait être
un "boom écononomique". Les Etats-Unis, en revanche,
devraient être obligés d'organiser des patrouilles
le long de la frontière nord de l'Alaska et auront à
craindre des marées noires supplémentaires avec l'ouverture
de nouvelles routes maritimes.
Ces prévisions posent à nouveau la
question de la limitation des gaz à effet de serre qui pourrait,
selon certains chercheurs, ralentir la fonte de la banquise.